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    Selim, Zohra, Hasnah (Maroc 2, 3ième partie)

    Marrakech . Place Djemaa

    SELIM et ZOHRA et leur petite fille HASNAH

    Ils faisaient partie de la vie de la famille!

     

    Comment dire? Madame ayant loué la villa Faraya,

     

    eut la surprise d’y être accueillie par Selim et Zohra!

     

    Ils faisaient en somme partie de la villa!

     

    Lui, le gardien, s’occupait du jardin

     

    ( à part tondre, Madame ne lui voyait pas d’autres occupations ! Mais elle lui fit rapidement en trouver d'autres!)

     

     

    et il devint rapidement son homme « à tout faire »

     

    Elle, était préposée au ménage, au lavage, à la cuisine,

     

     

    et refusait à Madame le droit de se mêler de ces choses!

     

    Vous comprenez maintenant pourquoi Madame était devenue dépressive!

     

    Madame avait pris rapidement les rênes des repas

     

    car tajine au poulet ( 4 ou 5 fois la semaine)

     

    et couscous le dimanche, ( les délice des premiers jours s’étant éteints!)

     

    était devenu plus que des « bons français » pouvaient supporter!

     

    A part ces petites remarques, SELIM, 10 ans de plus que les enfants pour lui

     

    et 3 ans de plus pour ZOHRA, firent vite partie de la famille,

     

    malgré les remontrances de leurs amis,

     

    qui ne mélangeaient pas les « domestiques » et les « patrons »

     

    Ils avaient une charmante petite-fille, Hasnah, qui faisait le bonheur des enfants!

     

    Zohra avait une conception particulière du lavage des vêtements de la famille!

     

    Tout dans un immense bac qui trônait dehors et

     

    malgré les remarques coléreuses de Madame,

     

    versait l’eau chaude dessus , un peu de poudre, et lavait énergiquement le tout!

     

    Passons sous silence les résultats, les soutiens-gorges de Madame,

     

    les slips deMonsieur avaient pris de délicates couleurs pastels

     

    qui ne furent pas très appréciées, le mot étant faible!

     

    De plus Zohra gardait chez elle le linge propre, ce qui fait que tous les dimanches,

     

    on entendait Monsieur hurler « Zohra, mes slips »

     

    et de suite une cavalcade dans les escaliers, c’était Zohra!

     

    Monsieur, Madame et leurs enfants les aimaient,

     

    et tous les samedis, ils étaient six ( Hasnah au lit),

     

    bien entendu pour le couscous sauf pour les jours où Madame cuisinait,

     

    ce qui permit à Selim et Zohra d’apprendre ( rapidement)

     

    l’usage de la fourchette et du couteau!

     

    Seul désagrément

     

    Les enfants ayant pris l'habitude d'être dispensés de toute besogne

     

    exigée auparavant par Madame

     

    mais besogne effectuée par Zohra qui ne tolérait pas que les enfants " se fatiguent"

     

    perdirent toute bonne habitude apprise avec leur chère maman!

     

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  • Revenons à Casablanca

    Madame , forte de ses années de professeur en Espagne,

    trouva de suite du travail!

    1, dans l'école des Carmélites, fort bien tenue!

    en tant qu'institutrice de Cm2 pour ( cramponnez-vous!)

    41 filles et garçons!!

     Précisons : un calme fabuleux en classe!

    Très étonnant,

    jusqu'au jour où, ayant inscrit une remarque anodine sur le carnet d' une petite-fille, celle-ci revint le lendemain avec les mollets marbrés au fouet!

    Traumatisée, Madame garda dorénavant ses remarques pour elle et termina en douceur son CM2!

    Ajoutons  les contacts idylliques avec la directrice  du Carmel St Joseph,

    soeur  mère distinguée et cultivée, qui, après l'avoir  reçue dans un bureau raffiné , questionnée sur son titre de "protestante" et compris que rien ne s'opposait à son enseignement, prit l'habitude de la recevoir personnellement pour "discuter"!

    2, L'après-midi, 

    Madame devint répétitrice à l'Ecole hébraïque , de 14h à 16h!
    C'était d'abord, surveiller une classe d'une trentaine de garçons , assez arrogants!

    Deuxièmement, être en aide à ceux qui avaient des difficultés en français! (Et il y en avait!)

    Le premier jour, bruyamment, la troupe entra en classe!

    Madame resta debout devant son bureau, en silence, visage fermé!

    Pas de réaction! Madame s'avança jusqu'à les toucher et sèchement leur intima l'ordre de s'asseoir, ce qui se fit au bout d'un certain temps!

    Mais immédiatement une bagarre éclata entre deux grands élèves!

     Madame, sans hésiter, fonça entre les deux et gifla le plus agressif!

    Blanc de rage il brailla " si vous n'aviez pas été une femme, je vous aurais tuée!"

    Madame le regarda fixement et répondit " c'est tout à votre honneur"

    et regagna son bureau!

    Il n'y eut plus de bagarre, un certain respect s'instaura et sa classe ne connut plus d'incident!

    Les élèves en difficulté prirent l'habitude de venir travailler à côté d'elle, et lui permirent ensuite d'avoir de bons moments avec eux!

    Monsieur et les enfants, assez fiers, lui firent remarquer qu'elle avait risqué gros!

    3

    Le soir, de 20h à 22h, Madame donna des cours à L’Alliance Française pour les 3ème année. Elèves motivés, elle enseigna pendant 3 ans!

    Les rues étant dangereuses , elle fit le trajet sur la mobylette de Selim, le jardinier de la villa Soraya, nom ravissant de la villa!

     

    Trois années merveilleuses, où le principal intérêt, avec l’enseignement,

    bien sûr, fut le salaire intéressant qui lui permit de chauffer la villa,

    fort humide et froide l’hiver, et de s’acheter quelques toilettes nouvelles pour sa garde-robe qui commentait à s’user!

    Ces emplois très intéressants (par la suite!)

    ravirent Madame pour les moments si différents dans les méthodes ......et les élèves (de 10 à 45 ans!)

    Quant à la famille, très fière de la réussite de leur femme et mère, il faut reconnaître que ces succès , tant scolaires que financiers, les fit bénéficier d'une source de revenus qui les rendit plus "souples"dans les temps qui suivirent!

    Madame travaille (Maroc 2 , deuxième partie)

     

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    MAROC 2  (première partie)

    Mosquée de Meknès ( photo d'internet)

    Vous en étiez resté(es) sur Madame brodant au point de tige les petites fleurs d'un napperon large comme une assiette à service ?

    Vous étiez-vous imaginé(es) qu'elle y reviendrait chaque semaine?

    Eh bien si!

    Madame, maladroitement et pour se faire valoir, ayant précisé qu'en Espagne, elle avait commencé un chemin de table, peint à l'aquarelle de ses douces mains sur une étoffe lâche, représentant des maisons près de la mer, se vit intimer l'ordre par Claudine d'amener de suite ce petit chef-d'oeuvre!

    La famille se moqua d'elle, lui reprochant un moment de vanité qu'elle paierait cher!

    Ce qui fut le cas! Madame contourna les difficultés " au point lancé" par une interprétation personnelle " qui lui permit, avec un fil de coton épais, de terminer cet ouvrage en deux semaines au lieu de deux mois!

    La peinture enjolivant l'ouvrage, Madame fut emmenée d'emblée par la ctrès chère Claudine chez un encadreur pour un prix modique, (Monsieur ayant posé ses conditions)

    Il faut vous dire que cet ouvrage  resta au Maroc au mur de la salle à manger, à Rillieux la pape ( 69 000) jusqu'au départ de Madame au Chambon sur Lignon, où  les enfants ( Monsieur ayant quitté cette terre, et eux s'étant mariés) le rangèrent définitivement dans un placard !

    Madame le regretta amèrement, s'étant abîmé les doigts sur le tissu un peu serré, mais les petites-filles, et les cousines chéries, n'ayant pas apprécié à sa juste valeur cet ouvrage d'exception, Madame s'inclina!

    MAROC 2  (première partie)Meknès (photo du net)

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    Le dernier pays! LE MAROC

     

    En route pour Casablanca!

     

    Départ en voiture! Interminable voyage, traversée de L'Espagne

    par le  centre, sec et usant!

    Madame, chargée d'indiquer les changements de route avec la carte sur ses genoux, s'endort et se trouve brutalement réveillée pa

    les cris de Monsieur qui s'est trompé de route! 

    Passons sur cet instant difficile et angoissant pour la responsable : Madame!

    Arrivée à Casablanca! Pas de maison, l'hôtel!

    Un mois! Monsieur et les enfants travaillent,

    Madame est chargée de trouver un logis!

    Glissons sur les difficultés de cet exercice!

     Madame, après avoir longuement et péniblement cherché une maison convenable, se trouve enfin dans une immense-prison dorée

     de 400 m2 où l'inactivité , femme de ménage à domicile ( faisant tout)

     et l'impossibilité de sortir ( à part le marché,

    une femme ne sort pas seule

    ne va pas au café seule, ni au cinéma,

    fait ses courses rapidement

    et n'est à l'abri que chez elle

    ou dans les clubs privés snobinards 

    où les femmes européennes perdaient leur temps:

    c'était à peu près ça à cette époque! )

    la mène rapidement à la dépression!

     

    Précisons pour la compréhension de ce qui va suivre, que la villa

     Faraya se trouve à quelques mètres de la maison d'amis suisses,

     retrouvés avec joie à leur arrivée.

     Bien, Madame passe donc ses journées au lit, ressassant et

     ressassant ses anciennes années où tout allait si bien

     etc...jusqu'au jour où son amie suisse ( 1,78m, poids en

     conséquence, moral d'acier, sens militaire du commandement)

     débarque à la villa, effraie la chienne super-agressive,

    monte d'un pas souverain les escaliers menant à la chambre,

    entre sans frapper et demande brutalement:

    " qu'est-ce que vous faites au lit à 14h?"

    Bredouillements de Madame,

     grognement exaspéré de l'amie, qui, d'un grand tour de main

     arrache le drap auquel se cramponne Madame et prononce d'un ton

     autoritaire (il l'était souvent) : "debout, habillez-vous! "

     Résignée, Madame obéit, prise en main énergiquement, se retrouve

     en ville, à faire des courses, puis sur le salon de son amie,

    qui pose cette question péremptoire :

    " vous n'avez aucun ouvrage à finir? "

    Décontenancée, Madame, connaissant les immenses talents de son amie, brodeuse au petit point" et ses non moins nombreuses réalisations ( fauteuils recouverts admirablement de tapisserie genre style Louis XV, enfin  elle suppose!, tableau de la Licorne au mur,

    tables et commodes ornées de napperons sublimes,

    que Madame a en horreur : (nids à poussière! ) répond d'une voix

     tremblotante et quasi inaudible : " non " .

    Qu'à cela ne tienne,

     elle se voit immédiatement pourvue d'un napperon à broder, fils de

     coton, dé, aiguille, le tout dans une boite de chocolats suisses 

     (sans chocolats, hélas ) où son nom, Gigi,

    est écrit au feutre en lettres de deux cm de hauteur.

    Protestations de Madame qui argue

     de son incapacité, due à son ignorance, de commencer cette oeuvre

    ( fleurs ornées de tiges, soit-disant le b a ba de la broderie )

     protestations stoppées vigoureusement et définitivement par une

     leçon magistrale sur les trois principaux points de base, point de tige et..les autres dont Madame a immédiatement oublié les noms.

    Rires énormes de Monsieur et des enfants de retour à la

     maison qui ont peine à imaginer leur épouse et mère dans cette

     image idéale de la femme au foyer!

    Mais.....chaque jour Madame se

     retrouve sur le canapé, au son de France-Inter, sous l'oeil 

     terrifiant de Claudine*, qui surveille les progrès de son élève!

    La suite à bientôt....si vous en avez envie!

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    • Madame et Monsieur sont inévitablement invités à quelques réceptions mondaines style: cocktail au consulat, repas avec le grand directeur de l'Institut, etc....où des "pointures intellectuelles" venus de Paris viennent se faire entendre.

      Madame se fait remarquer par son manque de conversation, n'ayant pas lu le dernier ouvrage en vogue paru, et Monsieur par sa tenue décontractée répondant à son principe habituel " L'élégance est toute intérieure" (vieux pantalon de velours, veste en tweed ayant bien vécue). Il est vrai que son ramage dépasse son plumage ( La Fontaine) et qu'il est très à l'aise partout. 

       

      Sauf.......au souper-dansant du lycée où son horreur de la danse ( et son incapacité! ( Madame ayant passé des heures à le faire évoluer sur le rythme d'un slow et épuisée ayant abandonné) le condamne à regarder!

      Madame lui vole la vedette dans un tango somptueux exécuté au milieu de la piste avec le proviseur, magnifique danseur, sur l'air de "La Comparcita" ( dans les règles de l'art). Aye, aye, aye!

      Evidemment, les chers enfants, ne pouvant rester seuls, sont gardés par un jeune ami américain auquel Madame, dans un anglais approximatif, a bien précisé les modalités de souper et de coucher. 

      A leur retour, surprise! Le jeune Chris, 19 ans joue frénétiquement de la guitare, style rock, devant les mignons se trémoussant vigoureusement!  Le jeune Chris est remercié poliment, et la séance de cinéma du samedi suivant est suspendue! 

       Il faut dire avec un peu de nostalgie, que cette vie espagnole, où l'on dîne le soir à 21h, et lorsqu'on est invité, à 22H, nous marque, nous, la famille, par tout ce que nous y trouvons et aimons, depuis les bars à tapas jusqu'aux promenades sur les ramblas à minuit, ses rue étroites, pavées, bigarrées de gens et de boutiques, quelquefois "chaudes" ( barrio chino) où tout peut se passer mais où la vie y passe!

       

       
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