
Pioché dans mes souvenirs, à la façon du CID de Corneille
le récit d'un de mes "petits" accidents d'avant!
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je restée sans accidents connus
Que pour voir en un jour mes vertus confondues!
Mes bras vaillants que toute ma famille admire,
Ma conduite que rien n'avait pu démolir
Oui, si souvent j'avais parcouru bien des routes
Affronté des chemins sans que rien ne me coûte
Mais cette confiance a précipité ma perte
Poignardé mon honneur, bien mal placé, ô certes!
Ô cruel souvenir de ce dernier fossé
Où ma chère voiture a lentement versé
Dans une marche arrière en virage serré
Un sentier sans issue ni visibilité
Ou après des manoeuvres dépourvues de succès
Les renforts masculins ont été quémandés!
Honte devant cinq hommes arrivés au galop
Pour sortir de ce piège un bloc de quintaux
Rassurant la Mounette, l'assourdissant de mots
La serrant dans leurs bras en décrétant de go
Allez, on rentre, tu paies l'apéro!
Et je l'ai payé!!!